Loi Le permis «spécial senior» existe!

Fait méconnu: les aînés menacés par une interdiction définitive de circuler peuvent théoriquement rester sur la route s'ils se plient à certaines conditions. Tour d'horizon.

 

En cas de détérioration durable de sa santé, l'automobiliste âgé peut opter pour un permis «restreint». Histoire d'éviter de subir d'innombrables et onéreux examens médicaux.Image: Stocklib

Au lieu d’un retrait préventif de son permis, l’octogénaire vaudois de 87 ans baladé de médecin en médecin pour s’assurer de son aptitude à la conduite – malgré sa vue d’aigle et bien que n’ayant causé aucun accident depuis 1946 aurait pu se voir proposer un droit de circuler soumis à conditions. «Comme autoriser la conduite uniquement pour un trajet ou un secteur déterminés – voire uniquement au volant d’un véhicule à vitesse réduite», indiquait cette semaine dans nos colonnes le Dr François Héritier, vice-président de la Faîtière suisse des médecins de famille. Des restrictions sur mesure pour les automobilistes seniors méconnues du public et peu proposées par les services cantonaux des véhicules. Le Conseil fédéral les a pourtant précisées dans une modification de l’ordonnance réglant l’admission à la circulation routière, en vigueur depuis l’été 2016.

En plus de limiter des déplacements à une zone ou un trajet définis, l’État peut par exemple restreindre l’autorisation à certaines routes (comme exclure les autoroutes), à des véhicules spécifiques (à transmission automatique ou équipés d’une aide au freinage d’urgence), ou dont la vitesse maximale est réduite (80, 60, 45 km/h…). Voire simplement une conduite uniquement en journée.

Une opportunité, pas un échec

Des aménagements essentiels pour les aînés, estime le TCS. «Selon son cadre de vie et sa situation géographique, l’abandon de son moyen de transport individuel peut s’avérer problématique pour accéder à ses besoins quotidiens, développe son porte-parole, Yves Gerber. Certaines études montrent que le fait de rester mobile dans le cadre de sa vie sociale permet de vivre plus longtemps et en bonne santé. Tous les Suisses ne bénéficient toutefois pas du même accès facilité aux transports en commun ou aux alternatives qui se démocratisent peu à peu grâce aux nouvelles applications.»

À l’inverse, pour Pro Senectute Suisse, bien que les seniors soient «en meilleure forme et plus mobiles qu’auparavant», «les conditions de conduite sont plus difficiles» compte tenu de l’augmentation du volume du trafic. «Rendre le permis de conduire doit être considéré comme une opportunité et non pas comme un échec», réagit la responsable médias de l’association, Judith Bucher. Et de louer les vertus du covoiturage ou des transports publics, qui «permettent de nouer de nouveaux contacts et d’agrandir son réseau de connaissances à l’endroit où l’on vit». Aux seniors de trancher.

 

Les 3 facteurs de risque principaux

 

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Source: Le Matin