Genève - Le TF condamne 3 jeunes pour une «quenelle»

Le Ministère public avait condamné ces trois personnes à une peine pécuniaire avec sursis, en 2015. L'un avait fait recours.

 

Ce geste a été popularisé par Dieudonné. (Photo d'illustration) Image: Keystone

Le Tribunal fédéral confirme la condamnation pour discrimination raciale d'un jeune qui avait posé avec deux comparses devant une synagogue à Genève. Tous trois faisaient le geste de la «quenelle», popularisé par l'humoriste controversé Dieudonné.

Une photographie des protagonistes avait été publiée dans la version électronique de «20 minutes». Les trois jeunes hommes se tenaient l'un à côté de l'autre et s'étaient partiellement couverts le visage. L'un d'eux portait la tenue d'assaut de l'armée suisse.

Le Ministère public genevois avait rendu en 2015 une ordonnance pénale contre ces trois personnes et les avait condamnées à une peine pécuniaire avec sursis. Deux avaient accepté, mais la troisième avait fait opposition et avait été condamnée pour discrimination raciale par la Cour de justice de Genève avant de recourir au Tribunal fédéral.

Geste obscène et méprisant

Même si la signification de la «quenelle» peut varier selon les contextes et les avis, elle est à tout le moins perçue comme un geste obscène et méprisant, indique le TF dans un arrêt diffusé jeudi.

Compte tenu de la mise en scène devant la synagogue, une personne non prévenue verra dans ce geste un message hostile et discriminatoire envers les personnes de confession juive.

Connotation antisémite

En outre, la «quenelle» est empreinte d'une connotation antisémite compte tenu de la polémique qui l'entoure, généralement connue de la population genevoise, ajoutent les juges de Mon Repos. A cela s'ajoute l'attitude affichée par l'intéressé et ses comparses qui s'étaient en partie couvert le visage, l'un étant en tenue militaire.

Une telle mise en scène exclut la thèse du recourant selon laquelle il ne fallait y voir qu'un geste «relevant d'un humour potache». Enfin, le critère de publicité est manifestement rempli dès lors que les intéressés ont agi dans un espace public au centre-ville de Genève. (arrêt 6B_734/2016 du 18 juillet 2017) (ats/nxp)

Source: Le Matin