JUSTICE GENEVOISE

Quatre ans de prison pour un chauffard genevois


L'homme avait failli tuer un scootériste à la rue de Lausanne. Les juges d'appel ont écarté la tentative de meurtre mais lui ont infligé une  peine ferme et sévère.

tdg-2014-09-08

A gauche l'accusé et tout à droite son avocat Me Simon Ntah. CROQUIS PATRICK TONDEUX


Au mois de février, la justice genevoise s'était montrée particulièrement sévère avec un chauffard de 45 ans. Cet homme qui, au volant de sa BMW de type 4x4, avait fait deux queues de poisson et avait failli tuer un scootériste à la rue de Lausanne avait été condamné à 5 ans de prison ferme pour tentative de meurtre. Ce verdict inhabituellement strict allait-il tenir en appel? La réponse est non. Lundi, les juges de la Chambre d'appel et de révision ont qualifié le comportement du chauffard de lésions corporelles par négligence et ont atténué sa peine: quatre ans au lieu de cinq.


Les faits remontent au 4 décembre 2011. Vers cinq heures du matin, ce Portugais au volant de sa 4x4 dépasse une première fois un scootériste avant de se rabattre devant lui sur la voie de droite en freinant de surcroît brusquement. Le conducteur du deux-roues fait un brusque écart sur la voie de gauche pour éviter la collision.


Il était conscient du risque


Un peu plus loin, une manœuvre identique conduit cette fois le scootériste à s'encastrer littéralement dans la BMW. Une collision spectaculaire. Il perd connaissance. Fracture de la jambe gauche et du poignet droit. Douleurs indicibles, opérations, dépression et incapacité de travail à 100% durant un an. Le jeune homme a d'ailleurs dû réorienter sa vie professionnelle et changer de métier. Les premiers juges ont estimé que le prévenu avait «utilisé son véhicule pour agresser le plaignant» en procédant à «une manœuvre très dangereuse» dont le seul but était de le faire tomber. La violence du choc «comportait à l'évidence un risque de mort». Un risque que le prévenu «connaissait» et «acceptait» en exécutant la manœuvre. «S'il n'a pas nécessairement eu pour objectif de tuer, il était conscient du risque mortel et s'en est accommodé», ont décrété les magistrats dans leur arrêt.


Les avocats de l'accusé, Mes Simon Ntah et Jérôme Darbre, avaient pourtant souligné auparavant les manquements de la victime qui, selon eux, avait passé la soirée à jouer au poker, à boire des bières et qui roulait trop vite (à 80 km/h) sur un tronçon limité à 60.


Source: TDG