Opération de police

Le directeur d’un Cash Converters a été arrêté


L’enseigne de la rue de Carouge a été perquisitionnée mercredi. Plusieurs employés ont été entendus.

tdg-2015-07-24

Hier matin, la police était encore sur place, après avoir mené mercredi une longue perquisition.
Image: Laurent Guiraud

 

De drôles de clients ont poussé la porte tôt mercredi du Cash Converters de la rue de Carouge, à Genève. Une vingtaine de policiers, essentiellement de la Brigade des cambriolages mais aussi de la Brigade financière, ont fait irruption dans ce commerce franchisé du leader mondial de l'achat-vente. Plusieurs employés ont été interpellés puis entendus à l'Hôtel de police, avant d'être libérés. Le directeur du magasin a quant à lui été arrêté. L'affaire porte, à ce stade, sur du recel et des faux dans les titres, selon nos sources.


Une longue perquisition a été menée en fin de journée jusqu'aux environs de minuit dans la boutique, notamment dans le but de trouver les objets suspectés d'être issus de vols. Comme des ordinateurs, des téléphones, ou encore des parfums. Les enquêteurs ont aussi investi le domicile du directeur et celui d'une autre personne.


Accusations persistantes


Hier matin, des policiers se trouvaient encore chez Cash Converters, ouvert à la clientèle. A l'intérieur, seul l'espace achat, visiblement chamboulé, est resté fermé jusqu'à midi. Dans les travées, les employés gardaient le silence sur l'affaire. Car les accusations se révèlent embarrassantes. D'autant qu'elles sont persistantes.


Selon nos renseignements, le cadre arrêté, un Suisse âgé de 39 ans, a déjà eu affaire à la justice genevoise. Condamné dans un premier temps pour avoir accepté d'acheter de la marchandise volée, il avait été sanctionné l'an dernier, par le biais d'une ordonnance pénale, pour recel. Le Ministère public lui reprochait d'avoir écoulé dans son échoppe, entre 2008 et 2012, divers objets dérobés par un couple genevois: GPS, skis, lunettes de marque et même quatre chaises roulantes.


Le cadre avait finalement été acquitté en février dernier par le Tribunal de police. Les déclarations contradictoires des voleurs avaient pesé lourd dans la décision de la justice.


Cette fois-ci, que lui reproche-t-on exactement? Difficile de le savoir. La police renvoie au Ministère public, chargé du dossier, qui ne souhaite pas faire de commentaire. L'avocate du prévenu, Me Corinne Arpin, ne s'exprime pas en l'état, tout comme son confrère Me Daniel Meyer, défenseur d'un employé.

 

Pas de problèmes décelés


Au siège européen de Cash Converters, à Villepinte (F), on apprend la nouvelle par notre appel. Pas de quoi réjouir Ronan Pensec, directeur du réseau. Il prend tout d'abord ses distances. «Les commerces sont indépendants, ce sont des franchisés.» Mais ceux-ci appliquent la stratégie mise en place par la multinationale présente dans une centaine de pays, fondée en 1984 en Australie. Son principe repose sur l'achat en cash d'objets en tous genres. «C'est facile, simple et rapide!» dit le slogan sur son site Internet. Facile pour tout le monde, y compris pour ceux qui chercheraient à écouler des objets volés.


«Des risques, il y en a, mais il revient au chef d'entreprise de respecter la loi», indique Ronan Pensec. Cash Converters se charge de transmettre les règles: demander au client, qui doit être majeur, de présenter sa carte d'identité et de certifier par écrit que l'article qu'il veut remettre lui appartient. Chaque transaction doit être filmée et des profils créés pour garder une trace de chaque transaction. «Si quelqu'un apporte dans la même journée ou semaine deux téléphones, on ne doit pas accepter l'achat», précise Ronan Pensec.


Des audits sont menés par des animateurs et des clients mystères interviennent régulièrement. «Chaque magasin de France et de Suisse reçoit trois ou quatre vagues de visiteurs par an, qui font l'objet d'une note sur 20. Je n'ai absolument pas souvenir de problèmes décelés dans ce magasin genevois.»


Source: TDG